« C’est la moitié de ma vie que j’ai passé dans ce groupe »

Burning Heads fait parti des piliers de la scène punk rock française. A l’occasion de leur tournée d’anniversaire et de la sortie de leur dernier album « Choose your trap », on est revenu sur 25 ans d’aventure musicale.

Café Charbon : Pierre, Thomas, bonsoir. Merci beaucoup à vous de nous accorder cette interview. Est-ce que tout va bien ?

Thomas : Jusqu’ici tout va bien.

Pierre : On est en tournée avec des copains donc tout va bien.

Café Charbon : Ce n’est pas la première fois que vous êtes en concert au Café Charbon. C’est la troisième ou quatrième fois…

Pierre : Quatrième fois

Café Charbon : Est-ce que vous avez un lien particulier avec cette salle, des souvenirs peut-être ?

Thomas : Ouai, on y a passé de très bons moments, les gens qui s’occupent de cette salle ont un très bon état d’esprit et on a toujours été très bien reçu par les gens de la salle et par le public. On a des amis dans la place et dans la ville. C’est toujours un plaisir de venir.

Café Charbon : Cette année c’est la tournée d’anniversaire des 25 ans des Burning Heads, c’est aussi la tournée de votre nouvel album « Choose your trap », est ce qu’au bout de 25 ans on ne ressent pas une certaine lassitude, un certaine fatigue ?

pogo burning headsPierre : Même nous, quand on regarde ces années en arrière on se dit, ça fait vingt cinq ans, en fait c’est la moitié de ma vie que j’ai passé dans ce groupe. On pourrait arriver à un moment où on en aurait tous ras le bol mais bizarrement on a encore envie de faire des morceaux, de monter dans le camion, on est content quand on fait des bon concerts. On se bouffe un peu la gueule des fois mais on arrive encore à se supporter.

Thomas : Ca reste une passion. Ce n’est pas ce qui nous nourrit financièrement parlant. Mais tant qu’on a les amis qui viennent aux concerts, les amis qui jouent dans d’autres groupes avec qui ont peut jouer, tant que ces gens seront encore là, j’aurai encore envie d’y être aussi.

Pierre : Dans notre parcours on a toujours eu des petites surprises qui arrivaient aussi. Même si des fois on a eu moins de motivation, il se passe toujours quelque chose dans la vie des Burning qui fait que tout d’un coup ça remet tout le monde d’accord : on nous propose une super tournée, on a un projet de disque super intéressant avec quelqu’un d’autre. Il y a toujours eu un élément qui remettait du baume au cœur si le baume au cœur avait tendance à disparaître.

Café Charbon : Dans une interview, le chanteur de Napalm Death, Barney, parlait de son engagement auprès de son groupe comme d’un mariage, est-ce que vous êtes dans cette idée la aussi avec Burning Head ?

Pierre : C’est vrai que Burning Heads représente beaucoup dans notre vie aussi. A côté de ça on a d’autres passions. Je ne sais pas ce que j’aurai fait si je n’avais pas fait de musique. Je pense que je me serai un peu emmerdé. C’est toujours important tout ce que l’on a vécu et fait avec Burning Heads.

Thomas : Ce qui est intéressant avec Burning Heads c’est que ce n’est pas toujours le même qui drive le projet. Ca avance comme ça. On ne sait jamais trop où on va. On ne sait pas ce qui va se passer dans les six mois à venir et ça fait vingt cinq ans que c’est comme ça. C’est rare qu’on s’arrête. Vingt cinq ans ça passe super vite, c’est ce qu’il faut se dire. On vient de sortir cet album pour l’anniversaire et on est déjà en train de se demander ce que l’on va faire pour les prochaines compositions.

Café Charbon : Vous avez partagé la scène en première partie de Noir Désir, quels souvenirs vous gardez de cette expérience, de cette rencontre ?

Pierre : Les Noir Désir, grands seigneurs qui nous filent de la thune, qui nous file le temps de faire une balance correcte, qui nous file une loge, qui nous donne le droit de jouer devant plein de gens sur une dizaine de dates en France. Grand merci à eux. Ils nous ont montré une belle ouverture d’esprit musicale.

Thomas : Quand Tostaky est sorti ils ont décidé de faire une grosse tournée en France, il y avait une soixantaine de dates. Ils avaient décidé d’offrir les premières parties aux amis et éventuellement aux futurs amis dont ils avaient aimé le disque. Il y en avait quatre ou cinq qui avait été sélectionné et on en faisait parti. On a fait une dizaine de grosse date, le Bol d’Or, chez eux à Bordeaux, à l’Olympia. C’était en 92, on venait de sortir notre album. On s’est retrouvé à jouer dans des salles de 5000 personnes c’était autre chose que les bars.