« Il faut se méfier des filles discrètes »

Holy Two fait parti de ces jeunes groupes qui invente, innove expérimente. Leur musique est un aller simple pour un univers de douceur, de poésie, d’onirisme et d’ailleurs… Hadrien et Elodie, les bâtisseurs de poésie on prit le temps de répondre à nos questions pour les micros de Bac Fm.

Holy Two, c’est vous Hadrien et Elodie. Vous-vous êtes rencontrés en école d’architecture. Est-ce que vous pensez que l’architecture vous permet de construire votre univers artistique, d’imaginer des châteaux de musique, des ponts de mélodies et des tours de notes ?

Hadrien : Qu’est ce que c’est beau ce que tu dis! (Rire). Oui, on a toujours su trouver des cohérences entre la musique que l’on construit et nos études. Ce sont des mondes qui sont assez proches. Quand on compose, on construit nos morceaux de la même manière que l’on peut penser un projet architectural.

Elodie : A l’école d’architecture on apprend à être super curieux et ouvert. C’est important pour nos projets musicaux. On s’inspire de tout ce qui nous entoure.

Hadrien : Aussi, le théâtre et l’art en général ça nous inspire beaucoup.

Holy Two c’est un voyage de douceur et de poésie, vous semblez être très sensible à la littérature. Pourquoi ce choix de chanter en anglais plutôt qu’en français ?
Elodie : C’est justement parce qu’on est trop attachés à cette culture du français. Pour l’instant on se sent pas capable de faire quelque chose d’assez bien pour que ce soit présenté.

Hadrien : On est très attaché à la musicalité et aux émotions que peuvent provoquer les émotions, les notes. On aime partager des choses, on essaye de dire des choses dans nos textes. On accorde beaucoup d’importance à la musicalité de la langue et à sa manière de se marier avec le son. Par exemple, on est en projet d’une reprise en français. Donc pour le moment on se donne le temps.

Holy Two a déjà réalisé de nombreux clips, c’est peu courant pour un jeune groupe. Est-ce vous qui les ont réalisé?
Elodie : On part du principe qu’aujourd’hui un groupe ne peut pas marcher sans image. C’est hyper important de faire le lien entre l’image et le son. Au début on faisait tout nous même et puis, on a commencé à nous contacter et à démarcher d’autres personnes. Ça a toujours été une volonté.

Hadrien : Quand on compose, il y a toujours des images, des émotions qui nous viennent. C’est un travail qui se fait en même temps. On a pas mal de projet pour le prochain EP, on va travailler dessus tant que c’est encore frais.
Vous qui êtes Lyonnais, est-ce que selon vous, on peut parler d’une nouvelle scène lyonnaise avec Erotic Market, Pethrol et Holy Two ?

Hadrien : C’est un peu difficile de se positionner. Pethrol et Erotic Market c’est des gens qu’on aime beaucoup. On se croise souvent.

Elodie : J’ai l’impression que contrairement à des villes comme Paris ou Bordeaux, à Lyon il n’y a pas vraiment de réseau des musiques électronique. Il n’y a pas vraiment de trucs qui font que les groupes se regroupent entre eux. Cependant, il y a énormément de clubs et de salle qui soutiennent les projets émergents.

Hadrien : Avec notre label Cold Frame Record, on travaille à cette idée de créer un réseau.

Est-ce que tu connais Aloise, la chanteuse qui a fait une reprise de votre titre Animal Anormal ? Est-ce que vous avez donnez votre autorisation ? Tu pense quoi de cette reprise ?
Hadrien : On ne la connait pas directement, c’est l’amie, de l’amie d’une amie. (Rire) Elle nous a contacté parce qu’elle avait flashé sur ce morceau. Ce qui était amusant c’est que ça a été pour faire un morceau complètement différent avec une autre approche.
Elodie : Elle a réinterprété les paroles. Le morceau se prête très bien à ce qu’elle dit. C’est un tout autre message mais le retour est carrément intéressant.
Hadrien : On aime beaucoup ce genre de projet de réinterprétation, de réécriture..


Justement, Holy Two a réalisé il y a quelques mois un titre avec Zerolex, comment est-ce que vous l’avez rencontré lui qui est l’un des producteurs de l’ensemble bisontin de Cotton Claw ?
Elodie : Jeremy, Zerelox, c’est un ami d’Hadrien.

Hadrien : Oui, je le connais depuis tout petit. J’étais à la maternelle avec lui. On s’était perdu un peu musicalement et puis on a pu se retrouver sur cette collaboration. Cotton Claw c’est un univers qui est quand même un peu différent du notre.

Elodie : A la base Zerolex avait refait deux mix de deux de nos morceaux Rush et Hover. On a été très content de ce qu’il en avait fait.

Est-ce que l’on doit s’attendre à quelque chose de particulier pour le live au Café Charbon? Holy Two commence a être connu pour ses concerts où se mêlent musique et performance visuelle…

Hadrien : C’est un projet qu’on aimerait beaucoup mettre en place. C’est compliqué de créer quelque chose d’universel puisque tous les clubs, toutes les salles ont des configurations différentes. Par contre, on sera probablement avec notre ingénieur lumière avec qui on travaille très bien. Les surprises seront visuelles et sonores.

Il y a quelques mois vous avez sortis le clip de Undercover Girl. On aime bien les histoires et on se demandait si ce morceau, ce clip s’adressait à une fille, à des filles en particulier ?


Elodie : Bien sûr, il y a une histoire derrière. Ça parle des filles discrètes. C’est un terme dans lequel je me reconnais même si ça fait un peu « mégalo » de dire ça. Le sens de ce morceaux c’est « il faut se méfier des filles discrètes »…

Hadrien : Le sens qu’on essaye de donner à cet EP. C’est un peu le revers, l’esprit de colère de haine, de vengeance.

Elodie : L’ensemble de l’Ep parle de vengeance, de frustration.